Je suis arrivée un dimanche après-midi à la Havane

J’ai été assez surprise en arrivant: il y avait beaucoup de poubelles renversées, je n’ai vu aucune épicerie ouverte, j’ai cherché à me connecter à internet sans succès et en me promenant j’ai découvert avec étonnement beaucoup de bâtiments en ruine… C’est dire si j’avais préparé mon voyage !  

Parce que Cuba c’est ça. C’est vrai qu’il n’y a pas de supermarchés, beaucoup de gens sont assis dehors, on se demande d’ailleurs ce qu’ils font de leur journée. La pauvreté est palpable mais c’est une pauvreté « nouvelle » pour moi, car j’ai vu très peu de gens vivre dans la rue, comme on peut en voir à Paris par exemple. Plus tard je comprendrai que les cubains, même si ils vivent avec des ressources économiques limitées, ne manquent pas de nourriture (même si pour moi c’est très répétitif : riz/haricots rouges, des concombres, des tomates), ils sont habillés correctement et beaucoup ont fait des études et semblent être en bonne santé. En effet ils bénéficient d’un accès à la santé et à l’éducation gratuit. Heureusement, car je me demande encore comment ils arrivent à boucler leur fin de mois quand on sait que le salaire moyen tourne autour de 18/20$ par mois… Une vieille voiture, celle qui affole tous les étrangers, vaut 20 000/30 000$. Comment font-ils pour s’en acheter une ? Apparemment l’état a mis en place un système de contrôle de la société où les chivatos surveillent et dénoncent les opposants au régime et bénéficient de certains avantages… De nombreux cubains comptent aussi sur l’aide d’un proche à l’étranger (souvent aux États-Unis). L’état donne chaque mois aux familles une carte de rationnement où sont proposés « à prix très bas »  les produits de base: du riz, de l’huile…

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Tableau de rationnement dans un magasin d’État

Un jeune père rencontré dans une casa m’explique aussi que pour survivre, le cubain « invente » et développe des capacités extraordinaires dans le domaine de la « petite débrouille » : ceux qui travaillent dans les hôtels prennent des savons, du papier toilette qu’ils ramènent chez eux…

Beaucoup de cubains sont diplômés mais finalement travaillent dans le tourisme, qui représente plus de la moitié des ressources en devises du pays. Malheureusement, même si ce secteur est grandissant, surtout depuis quelques années, celui-ci ne compense pas la crise que connaît le pays. Fidel Castro, quand il était au pouvoir, a développé surtout une mono-industrie, celle du sucre, et depuis la chute de l’URSS, leur principal acheteur et soutient, le pays sombre économiquement.

Des pancartes de propagande, aux messages forts et à la gloire de l’ancien dirigeant, sont implantées un peu partout. Son portrait est affiché dans les lieux publics, souvent accompagné de celui de Che Guevara. Entrez dans une librairie, c’est assez flagrant : quelques livres divers mais surtout des ouvrages de propagande de Fidel castro et de la révolution. Les cubains que j’ai rencontré parlent peu de politique. Quelques uns ont critiqué ouvertement le régime mais j’ai senti que les gens n’étaient pas toujours à l’aise d’en parler.

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Portrait d’Ernesto « Che » Guevara, sur la place de la révolution à La Havane

La différence de prix entre ce que va payer un touriste/voyageur et un local est hallucinante : vous allez prendre un café dans un bar touristique : 1$. Dans un shop à parfois quelques centaines de mètres, mais fréquenté par les locaux :0,01$! Et tout est comme ça. Faire un trajet de 1h30 avec la compagnie Viazul (compagnie réservée aux touristes/voyageurs) vous coûtera 6$ contre 0,04 centimes en camioneta (pas le même confort et un peu plus long c’est sûr…)

Les rapports avec les cubains sont, dans l’ensemble, très influencés par l’argent. C’est compréhensif quand on découvre peu à peu les réalités du pays. Rares ont été mes échanges totalement désintéressés. C’est triste mais c’est ainsi. Il faut juste l’avoir en tête. J’ai beaucoup aimé prendre les camionetas car les gens étaient naturels, vraiment adorables et j’ai retrouvé la chaleur humaine si agréable de l’Amérique du sud. Comme les cubains n’ont pas forcément accès au voyage, leur vision du touriste et de l’étranger en général est aussi assez déformée.

L’accès à la connexion wifi est très limitée, économiquement comme techniquement. Une heure de connexion coûte 1$: c’est la somme gagnée en une journée de travail pour un cubain. Cela permet également de contrôler un peu plus la population. Le seul avantage, c’est que les gens sont moins sur leur téléphone et se parlent davantage.

A Cuba tout prend du temps: acheter une carte de wifi, faire ses courses… Il y a la queue tout le temps, de partout. Il faudra vous armer de patience…

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La queue pour acheter

C’est assez perturbant d’arriver dans ce pays et j’ai mis du temps à me sentir « à l’aise » pendant ce voyage. Pour être sincère j’ai été souvent perturbée et aussi agacée par le harcèlement de rue qui est lourd à supporter. Une fille seule se fera toujours siffler et on commentera son passage. Ce n’est jamais méchant en général mais c’est juste qu’il est impossible de marcher tranquillement dans la rue. Après un mois au Nicaragua, où c’est assez similaire, j’avoue que je commençais à être à bout de patience. C’est la première fois où j’ai été contente de quitter un pays. Je ne prétends pas connaître la réalité des cubains mais je pense qu’il faut plusieurs semaines pour pouvoir l’apprécier et essayer de la comprendre. Même si encore pleins d’aspects de leur vie restent encore un mystère pour moi.

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Pour résumer : est-ce que je conseille ce pays ?

Pour moi (et encore une fois cela n’engage que moi), ce voyage n’a pas été le plus facile…

Dans tous les cas l’expérience est intéressante. Votre mode de voyage influencera aussi beaucoup votre expérience. Il y a moyen de passer une semaine dans un resort et passer des vacances de « rêves » car les plages sont vraiment belles. En mode sac à dos, avec un budget limité et si vous avez envie de communiquer et échanger avec les locaux, attendez-vous à ce que ce soit compliqué. Quoi qu’il en soit, vous verrez des choses que vous ne verrez nul part ailleurs. J’ai eu l’impression de voyager dans plusieurs époques et dans plusieurs pays à la fois, rien qu’à la Havane par exemple. J’ai trouvé le mélange des cultures et l’espèce de syncrétisme religieux, qui s’est développé au cours des siècles, assez fascinant. On ressent bien le mélange européen, africain et également asiatique de la population de l’île.

Je conseillerai de voyager 2 semaines. Pour ma part, un mois m’a semblé un peu long…

Attendez-vous donc à être surpris par Cuba!

 

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Et vous, qu’avez-vous pensé de Cuba?

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