La Bolivie est le quatrième pays que j’ai visité lors de mon tour du monde.

C’est un beau pays, riche en contrastes : du désert d’Uyuni, en passant par la jungle près de Rurrenabaque et les paysages grandioses du lac Titicaca…

Les gens sont adorables, certains peuvent paraître un peu froids de premier abord mais cela s’explique aussi par le climat et les conditions de vie des boliviens. C’est un des pays les plus pauvres de l’Amérique latine. J’ai aimé me sentir vraiment déconnectée de mes repères occidentaux et proche de la nature.

Après plusieurs semaines où je passais pour une locale en Argentine ou au Chili, c’est parfois dur de sentir le regard des gens peser sur vous et de se sentir vraiment étrangère. Les rapports humains sont aussi faussés par la différence économique. Parfois tu n’es que la « gringa », tu viens d’Europe et tu voyages donc forcément tu as de l’argent. Et c’est vrai. Du moins par rapport à eux. Et c’est en passant par ce pays que j’ai commencé à réaliser la chance que j’avais. D’avoir le bon passeport, pour aller de partout, sans difficultés. Mais aussi de me payer le luxe de pouvoir aller voir ailleurs ce qu’il se passe. Bien sûr financièrement c’est mon choix et j’ai aussi eu le courage de le faire. Mais en France, quand tu fais partie de la classe moyenne, tu peux mettre un peu d’argent de côté et partir ou dépenser de l’argent pour des loisirs. Ici non. Les priorités sont différentes.

J’ai fait de très belles rencontres. Des gens m’ont spontanément offert des couvertures quand j’avais froid ou simplement de partager un repas avec eux. Un fruit donné pour un trajet partagé. Un regard et un sourire échangés. Ces moments et partages sont d’autant plus touchants quand les gens ont peu de choses.

La Bolivie c’est aussi les trajets de bus interminables sur des routes en très mauvais état, un climat rude. Les conditions hygiéniques mettent parfois à rude épreuve nos petits corps d’occidentaux habitués à des choses limites aseptisés. On est parfois agacé aussi quand les gens veulent te vendre un objet cinq fois le prix qu’il proposerait à un local.

Ce sont tous ces sentiments, entre agacements et émerveillements, douceur et rudesse qui font que j’ai aussi adoré ce pays.

Voilà mon itinéraire de cinq semaines :

*Le salar

Une pure merveille. Je vous ai écrit un article plus détaillé ici car sa description prend trop de place dans cet article!

*Tupiza et ses paysages de far-west

Après le salar, je monte dans un bus direction le sud. Après un voyage de plus de six heures sur une piste, me voilà arrivée à Tupiza. Le soleil va bientôt se coucher, le temps pour moi de me balader jusqu’au Cerro de corazon de Jesus, pour admirer la ville d’un peu plus haut.

IMG_4310.jpg

J’ai un peu la trouille mais je me décide le soir de réserver une excursion à cheval. C’était très sympa. Les paysages sont assez similaires à ceux du nord de l’Argentine.

IMG_4289.jpg

L’après-midi je me balade dans la ville et déjeune au premier étage du bâtiment où se trouve le marché. Il faut soulever les gamelles pour voir ce qui mijote et j’adore le concept.

Je peux te conseiller :

-Tupiza hostal (calle Florida, à 10 minutes à pieds de la gare routière). Vraiment propre et bon marché (35 bolivianos la nuit) et il y a même une petite cuisine.

-Et pour la balade à cheval j’ai réservé avec l’agence La Torre tours, mon guide était très sympa et s’appelait Candelario.

*Tarija ou la route des vins

La ville offre une excellente base pour faire un tour dans les bodegas et visiter les petits villages autour. Ce n’est pas très touristique donc forcément, ça m’a plu.

Les coteaux de Tarija sont les plus élevés du monde. Je ne me suis jamais autant amusée dans une dégustation. Il faut dire qu’à la fin, tout le monde était bien gais. Nous avons testé des dizaines de vins.

IMG_4374.jpg

J’ai trouvé par hasard l’hôtel où je suis restée, en faisant du porte à porte et c’était vraiment cool. Le staff du moment était juste extraordinaire. Le prix était correct :60 bolivianos la nuit avec wifi et cuisine. C’est l’hostal Casa Blanca, qui se situe calle Ingivi.

Dans la ville tu peux aller faire un tour au marché, visiter les nombreuses églises et il y a également des fresques murales à admirer, en allant en direction du rio Guadalquivir, après le pont. La vie nocturne est également dynamique, je suis allée à un concert avec des gens de l’hôtel, il y a pas mal de bars, resto etc.

IMG_4412.jpg

Depuis Tarija je suis également allée faire un petit tour au village de San Lorenzo. Il faut prendre un petit bus depuis Tarija. Le village est petit mais ça permet de changer un peu d’air. Il y a un petit musée pittoresque, une jolie place…

IMG_4442.jpg

*Sucre : le cœur de la Bolivie

Très belle ville coloniale, Sucre est aussi une bonne base de départ pour effectuer des treks.

Pour l’anecdote, j’ai même vu Evo Morales ici ! (L’actuel président du pays). Je n’ai pas trop compris ce qu’il faisait dans la ville mais c’était impressionnant de le voir.

IMG_4548.jpg

La ville est magnifique. Je vous conseille le marché situé entre Ravelo et Junin. J’y allais tous les matins pour prendre un jus de fruits frais, qui sont juste à tomber. Il y a pas mal de choses à faire dans la ville : visiter les magnifiques églises, flâner dans le centre

IMG_4500.jpg

Il y a un trek sympa que j’ai fait, sur deux jours, pour aller voir le cratère près du village de Maragua. La randonnée commence sur un ancien chemin Incas, et fini dans la vallée au milieu du cratère, qui forme un paysage étonnant. J’ai marché avec un guide de l’agence Condor Treck. Cette agence m’a plu car elle reverse ses bénéfices à des actions sociales dans les villages des environs de Sucre et propose des menus entièrement végétariens.

IMG_4633.jpg

*Samaipata

Pour arriver dans ce petit bout du monde depuis Sucre, c’est toute une histoire!

Un conseil, n’écoute JAMAIS les boliviens quand ils parlent d’horaires.

Je suis partie en fin d’après-midi de Sucre en bus, je devais arriver vers cinq heures du matin à Samaipata. Je commence à être rodée niveau bus ici, ça secoue, ça brasse et il n’y a pas de toilettes mais je gère. A une heure du matin, le conducteur s’arrête et crie « banoooooo », j’ouvre un œil, regarde dehors et voit des dizaines de gens baisser leur pantalon au bord de la route, au milieu de nulle part pour faire leur besoin. Welcome to Bolivia!

Je décide de me rendormir, du moins à moitié, car ça secoue encore pas mal. Je me réveille en sursaut à trois heures. Je me lève et demande « est-ce qu’on est bientôt arrivé à Samaipata ? » et là une dame se moque gentiment de moi et me dit « bah oui, on a dépassé le village depuis plus d’une heure ». Du grand n’importe quoi! Le chauffeur ne s’est ni arrêté, ni n’a annoncé l’arrêt. J’ai entendu que c’était très courant que ça arrive. Un conseil : quand vous voulez aller dans un endroit paumé, ou juste un endroit où les touristes vont et pas les locaux, harcelez votre chauffeur. Sinon il ne s’arrêtera pas.

Bref j’ai dû aller jusqu’à Santa Cruz, reprendre un taxi, acheter un billet de van pour revenir sur mes pas, attendre trois heures que le van se remplisse (sinon il ne partait pas) et suis arrivée enfin en milieu de journée…

Pour la petite anecdote, j’ai rencontré un français qui à pris un autre bus que moi, depuis Sucre aussi, et a été largué à deux heures du matin sur la route à un kilomètre du village (il avait mis un réveil, lui). Il m’a dit que sans son appli « google » il ne sait pas comment il aurait fait car il n’y a pas de lumière près de la route et le village n’est pas forcément indiqué. En arrivant dans le village, il s’est fait attaqué par une horde de chiens et, faute d’avoir un hôtel, s’est endormi dans la petite pièce abritant un DAB.

Je te laisse choisir qui a l’histoire la plus fun 😉

Bon pour revenir sur le village, ici c’est le paradis des hippies…Il y a pas mal de choses à faire :

  • Visiter le fort : la principale attraction du village. Ce fort a été occupé par différentes ethnies, dont les fameux Incas ! La vue depuis le site et l’endroit en lui-même sont très intéressants.
  • Des randosAlors là, il y a la choix. J’en ai fait une qui permet d’aller dans une forêt de fougères primaires. Super beau. Attention car en Bolivie il y a pas mal d’animaux sauvages et des ours à lunettes sont présents dans cette forêt.

IMG_4694.jpg

Il y a aussi une rando célèbre pour aller observer des condors, que je n’ai pas faite, à mon grand regret.

*La Paz

La capitale, perchée à plus de 3600 mètres ne vous laissera pas indifférent. On l’aime ou on la déteste, mais elle fait partie des incontournables de la Bolivie.

Trouver une auberge de jeunesse correcte n’a pas été chose aisée. Entre les « party » hostel et ceux qui sont dans un mauvais état, pas facile de trouver quelque chose qui me convenait, car mon budget n’était pas très élevé non plus.

Je suis donc arrivée le matin, tôt. J’étais lessivée. Je revenais de 24 heures de bus depuis Samaipata et je ne rêvais qu’une chose : passer une bonne nuit dans un lit. Pas de chances à 22 heures, au moment de me coucher, musique à fond, qu’on entendait depuis la chambre. A bout, je me connecte sur Couch surfing et envoie des « requests », un peu désespérée. Gros coup de « chance », un gars me répond cinq minutes après, me disant que je peux venir tout de suite. J’avais déjà payé ma chambre donc je lui dis que je le rejoindrai demain. C’est un des meilleurs Couch surfing que j’ai fait! Alex est un peu un VIP à La paz city, il m’a fait découvrir plein d’endroit et surtout, s’est révélée d’une excellente compagnie. Gracias de nuevo por todo!

Ce que je te recommande :

  • Une balade avec les téléphériques : tu peux aller jusqu’à el Alto, quartier réputé dangereux le soir mais où il n’y a aucun problème pour te balader la journée
  • Le marché des sorcières : idéal si tu veux faire des emplettes : pense à bien négocier!
  • Les musée de la calle Jaen : super intéressants. Tu achètes un ticket combiné et tu peux visiter les quatre musées.

 

IMG_4736

  • Vas te perdre dans les innombrables petits marchés, pour siroter un jus de fruits frais ou faire tes courses.

IMG_4971.jpg

  • La descente de la mort : mon avis
    Impossible d’aller à La Paz sans en entendre parler. Me concernant, je n’étais pas très motivée pour la faire. Je voulais faire une rando sur plusieurs jours en partant de Coroico. C’est un super trek qui vous fait partir des hauts plateaux puis arriver dans la jungle à 40 degrés. J’avais un pote mexicain intéressé puis finalement plus. Je ne voulais pas partir seule. J’en parle à Alex, qui me dit « mais pourquoi tu ne fais pas la descente de la mort en vélo? Comme ça tu pourras profiter des paysages aussi». Finalement je me motive. Mon bilan : l’équipe d’altitude adventures est top. Par contre ma descente en VTT beaucoup moins. Si tu sais descendre en VTT, tu vas te régaler. Pour ma part, comme je n’allais pas très vite, j’ai trouvé l’excursion longue. Là encore, comme pour le salar, n’hésite pas à mettre le prix pour choisir ton agence de vélo, car il te faut de bons freins!

IMG_4773.jpg

Rurrenabaque (Rurre) ou comment j’ai dormi dans la jungle

J’ai terminé mon séjour en Bolivie par une excursion dans la jungle, idem que le salar d’Uyuni, cet endroit vaut également un article à lui tout seul! 😉

Retrouve tous mes articles sur la Bolivie

-Dormir dans la jungle

-Le salar d’Uyuni

Pour d’autres articles sur l’Amérique du sud: c’est par ici