Dans les expériences les plus marquantes vécues durant mes voyages, je citerai les jours que j’ai passé dans la jungle…

Voici mon histoire, les conseils pratiques sont plus bas 😉

 

Comment je suis arrivée à choisir de vivre cette expérience?

Rurrenabaque… Ce nom imprononçable, je l’avais entendu plus d’une fois durant mon périple en Bolivie. Plusieurs voyageurs que j’avais croisé m’en avait parlé. Ce n’était pas prévu dans mon itinéraire mais comme cet endroit avait éveillé ma curiosité et que je crois aux signes, j’ai décidé d’y aller et de vivre moi aussi cette aventure un peu hors du commun.

J’avais vraiment hésité à cause du prix. Car on ne s’improvise pas aventurier de la jungle. Il faut un guide, ce n’est pas la forêt de Rambouillet là-bas:-P. J’étais à la Paz et c’était le moment où jamais de rejoindre ce village.

L’arrivée à Rurre

Arriver à Rurre n’était pas chose simple. Je suis donc partie de La Paz par avion. Le vol était assez pénible. C’est un petit avion de 18 places, on sent toutes les turbulences puissance 10! On décolle dans le froid de 3600 mètres de La Paz, arrivent à 600 mètres dans la chaleur tropicale.

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A peine les pilotes ouvrent les portes, une fille sort de l’avion et vomit toutes ses tripes. Je ne me sens pas très bien non plus et surtout, j’ai mal à l’oreille gauche. Je jette un coup d’œil à la piste et comprend mieux l’atterrissage! Une sensation de « bout du monde » me saisit vite. Je récupère mon sac et part à la recherche d’un hôtel. Le climat tropical est suffocant. Je me sens patraque, je vais me reposer.

La nuit est atroce. Je m’aperçois que je n’entends plus du tout de l’oreille gauche! Et surtout la douleur est insupportable… Des larmes de douleur coulent toutes seules sur mes joues. Je me shoote au Doliprane et parvient quand même à m’endormir. Le matin il faut me rendre à l’évidence, je dois aller voir un médecin. Je fais donc la queue plus de deux heures dans le petit dispensaire du village et ressort avec une belle ordonnance, griffonnée sur du papier de brouillon (véridique) et surtout une note bien salée!

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Je décide de rester deux jours de plus à me reposer, je ne me vois pas partir dans la jungle dans cet état.

J’entame ensuite ma recherche « expédition jungle » dans les agences. Je veux être dans un petit groupe, et que mon guide soit respectueux des animaux et de la nature. Des français rencontrés à Samaipata m’avaient conseillé Mashaquipe. Après explications et petite négociation, je décide de partir avec eux.

Le gars de l’agence me dit qu’il n’est pas sûr d’avoir de la place. Si une place se libère demain, il vient me chercher. Le lendemain 8h30 on frappe à ma porte  » fais ton sac, on y va! » C’est donc après mon quatrième jour passé à Rurre que je pars dans la jungle, le sac fait à l’arrache et à moitié sourde!

Du village du bout du monde à la « selva »

Je monte sur le bateau, je suis seule avec le chauffeur. Nous naviguons au moins deux heures sur le rio Beni. Même si l’on croise quelques bateaux et que l’on sait que des communautés vivent dans les forêts qui bordent la rivière, la sensation de pénétrer un lieu vierge et sauvage est excitante.

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Arrivé au premier camp, on me propose de rejoindre un groupe de deux personnes, déjà installé dans le deuxième camp. Je pars donc avec un guide. A peine entré dans la forêt, nous entendons des bruits étranges… Apparemment ce sont des porcs sauvages. En effet ils émettent un liquide rappelant fortement l’odeur du jambon cru quand ils se sentent en danger. Je ne suis pas rassurée non plus! Nous avons vu également une trace de jaguar.

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Ils sont peu nombreux mais bien présents dans la réserve. Le duo de français rejoint, je fais connaissance avec mon nouveau guide, Willman. Nous sortons du sentier et partons à la recherche d’animaux à observer.

La nuit tombe vite ici, nous nous installons dans le camp de fortune. Deux cuisiniers nous attendaient. Je ne sais pas comment ils se sont lavés les mains pour cuisiner, car nous ne nous sommes pas lavés pendant 3 jours, mais en tous cas je ne suis pas tombée une seule fois malade! Nous installons les moustiquaires et le matelas sur des tables, car dans cette partie de la forêt il y a beaucoup de serpents…

Le lendemain nous reprenons la route. Toujours à la recherche d’animaux à observer, nous avançons dans la jungle à pas de loup. Toujours avec attention car une main qui traîne sur un arbre ou un pied qui glisse dans un trou et ça peut-être fatal! Beaucoup de fourmis carnivores sont présentes, des tarentules, des serpents… La vie de la « selva » n’est pas de tout repos 😉 Arrivé au deuxième camp, je déchante un peu car je m’aperçois que nous allons dormir…par terre! Alors je peux vous dire qu’en allant me coucher j’ai vérifié mon matelas 10 fois et j’ai fait des nœuds à ma moustiquaire, bref j’ai cadenassé mon « lit »! 😉 Entre toutes ces bestioles, mieux vaut être prudent(e) 😉 Après le dîner nous avons fait une marche nocturne en éteignant nos lampes, à la recherche du jaguar… Stimulante et effrayante, cette balade était plutôt intéressante! Pour l’anecdote nous ne l’avons pas vu…

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Le lendemain, après un copieux petit-déjeuner nous avons rangé le campement et nous avons marché jusqu’à la rive. Willman nous a proposé de rentrer au premier camp à pieds ou en radeau. Que nous devons fabriquer bien sûr !

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C’est donc sur ce radeau de fortune que nous avons descendu la rivière.

De la selva à la pampa

Nous repassons par Rurre pour faire le plein de provisions et direction la pampa! Autre ambiance, il n’y a plus les arbres denses de la jungle pour nous protéger du soleil, il fait une chaleur écrasante! C’est donc enduits de crème anti-moustiques et de crème solaire (le mélange est sympa!) que nous nous installons au campement où nous nous dormirons les deux prochaines nuits. Celui-ci se situait à 30 mètres de la maison des caïmans et autres insectes. Et là ô joie au bonheur, nous avons dormi dans un lit! Bon, des bestioles non identifiées ont traversé ma chambre et j’ai entendu mes sacs plastiques (rats ou crapauds?) crépiter toute la nuit mais mon dos a bien apprécié le matelas. Nous avons même fait de la pirogue le soir, lumière éteinte. C’était impressionnant de voir ce ciel sans pollution et étoilé… Encore plus de voir les yeux rouges et oranges des alligators et caïmans. La baignade ne me tentait toujours pas 😉

Au programme: pêche au piranha, observation des dauphins roses, caïmans (tout ce beau monde cohabitant dans la même rivière), singes et des nombreux oiseaux.

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la pêche a été bonne 😉

 

Mes conseils:

Comment rejoindre Rurre ?

– En avion : avec la compagnie Amaszonas vous pouvez rejoindre Rurre pour une centaines d’euros.                                                                                                                            

– En bus : alors il faut savoir que celui-ci ne passe pas par la route de la mort mais sa cousine! J’en étais à un stade du voyage où j’arrêtais de transpirer en regardant la route et je me disais « si l’univers a décidé que je devais terminer ma vie que Terre ici, et bien ça se fera ». Mais ce n’est pas le voyage le plus agréable. 238 kilomètres en 24 heures… Je vous déconseille fortement la compagnie « Yunguena » (ou un nom qui ressemble à ça…). Sinon le prix est attractif c’est environ 70 bolivianos 😉 soit une petite dizaine d’euros.

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    Gros traffic pour route étroite avec option précipice

Pour ma part j’ai fait l’aller en avion et le retour en bus ! L’avantage de prendre le bus à l’aller c’est que c’est « moins dangereux », le bus roulera « côté montagne » et non « précipice ». En plus les bus qui montent à La Paz ont la priorité.

Où dormir à Rurre?

Je suis restée à l’hôtel Santa Ana: Wifi, hamacs dans la jardin et accueil chaleureux 🙂

Où manger ?

  • Le marché: Idéal pour acheter des fruits et légumes, même si le choix est parfois limité…
  • La perla de Rurre:  super bon resto! Poisson frais et accueil princier 😉
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    Partir oui, mais avec quelle agence?

    Il y a à boire et à manger, comme toujours! Je vous conseille l’agence Mashaquipe. Les tarifs sont élevés mais je n’ai pas regretté d’être partie avec eux. Pensez à négocier! Il faut compter dans les 400 euros les 5 jours option « selva et pampa ».

 

Pour les plus aventureux, des expériences chamaniques sont proposées dans le village…

Qui est tenté?:P

 

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